Aujourd'hui, je vais vous parler d'un sujet bien féminin : la poitrine, les seins, les nichons, les nénés, les roberts, les mamelles...
La plupart des femmes rêvent d'une grosse poitrine et les cliniques de chirurgie esthétique ne désemplissent pas. De nombreuses études montrent que de plus en plus de femmes chaque année et de plus en plus jeunes, se font gonfler les seins. Je comprends qu'on puisse souffrir de ne pas voir ses seins pousser à l'adolescence, d'avoir une petite poitrine. Mais on oublie trop souvent de parler des femmes qui se font opérer pour se faire diminuer la poitrine, on ne pense pas que ça peut être une souffrance.
Quand, à onze ans, petite fille, on voit ses tétons grossir, devenir une boule puis prendre de l'ampleur, on ressent quelque chose d'étrange, un mélange de fierté (parce qu'on grandit, on devient une jeune fille) et de peur (parce que son corps change et qu'on est la premièreà l'école à porter un soutien-gorge). On devient une curiosité pour ses camarades, autant les garçons que les filles. On devient objet de convoitise pour le sexe opposé, objet de jalousie pour ses amies. Et ce n'est que le début.
Au collège, la concupiscence et l'envie grandissent plus vite que la poitrine. Les adolescentes qui ne voient pas leur tee-shirt prendre forme sont méchantes, violentes. Les adolescents, submergés par leurs hormones, n'ont qu'une envie, toucher ce caractère sexuel secondaire. Ils bousculent la jeune fille à la forte poitrine, la font tomber en cours de sport pour la "peloter", se jettent dessus et la palpent de force.
Blessée, humiliée, l'adolescente rentre chez elle et se renferme dans sa chambre et sur elle-même. Quand elle va faire les magasins, elle demande de grands pulls, des jeans larges à sa mère qui s'étonne : "Mais, tu es tellement jolie en jupe et petites robes!" Elle se camoufle derrières des vêtements amples et devient un garçon manqué. On lui fait remarquer que sa sœur est bien plus féminine, elle fait mine de s'en ficher.
Quand sa famille (parents, oncles et tantes, grands-parents) lui font remarquer qu'elle devient une jeune fille, elle a envie de pleurer. Elle se retient car elle sait que dans leur bouche ce n'est pas méchant, c'est même un compliment. Elle a envie de hurler quand sa tante lui dit qu'elle a beaucoup de chance car elle, à son âge, n'était pas encore formée. Mais elle ne dit rien. Elle souffre de ce 90 C qui attire tous les regards. A 14 ans, elle aimerait être comme tout le monde.
Au lycée, elle se cache derrière une éternelle salopette jaune, elle emprunte les pulls de son grand-frère. Elle est mal dans sa peau. A 17 ans, elle rencontre quelqu'un qui lui fait prendre conscience qu'elle est jolie, mais elle a du mal à porter des vêtements moulants, des décolletés, surtout lorsque ses amis proches lui parlent sans cesse de sa poitrine.
A la fac, quand une "amie" (enfin, c'était ce qu'elle croyait) lui fait remarquer que "quand tu seras enceinte, tu trouveras jamais de soutif assez grand, tu ressembleras à un bonhomme Michelin!", elle sait que ce n'est que de la jalousie, elle a l'habitude. Alors elle répond : "Je m'en fous, j'suis stérile!"
Sa meilleure arme est son humour. Elle demande souvent : "Quelle est la couleur de mes yeux?".

Elle devient adulte et entre dans la vie active, choisit un métier dans lequel elle doit cacher sa paire de seins, ça l'arrange. La jalousie des femmes est toujours là, mais elle s'en fiche. Le regard des hommes ne changent pas, mais le sien évolue. Elle accepte son 90 E, devient plus féminine et voit dans ses mamelles le sein nourricier qui fera grandir un bébé. Elle ne se fera pas opérer, pas tout de suite...





oth67 27/04/2011
anyarei 01/05/2011
maman-mais-pas-seulement 19/05/2011
Léa 23/11/2011
Cécile MdL 23/11/2011